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   Confrences \ La tenue de cette conférence sous l'égide de S.E.
 
Dialogue entre le monde musulman et l'Occident par

Dialogue Monde Musulman- Occident HAMlDOU KOMIDOR- NJIMOLUH Ministère des Relations Exteriéures CAMEROUN PROBLEMATIQUE
Le Monde Musulman et l'Occident se côtoient et s'interpénètrent depuis des siècles. Expanionisme islamique, croisades, colonisation, impérialisme de l'Occident sont autant des concepts qui ont caractérisé les rapports entre Muslmans et Occident.
Très proche dans le temps, il s'est agi de Nouvel Ordre Economique, du concert des Nations dont le cadre est l'ONU, du village planétaire qui prèsuppose le cadre idéal de solidarité globale. Les deux mondes s'y sont rencontrés, se sont touchés et cohabitent aujourd' hui dans le nouveau cadre planétaire qui se dessine confusément.
Ces points d'impact sont autant de points de passage qui autorisent des conpénétrations réciproques. Ainsi le fait islamique est un fait omniprésent dans l'actualité occidentale; ainsi la pensée prométhéenne avec l'occident technologique et éthique se sont déversés par des médias sans frontières sur le monde musulman.
Les bonnes volontés de part et d'autre ont voulu voir se dégager de ces rapports des fondements d'un dialogue pour une coopération dynamique. Mais les facteurs divergents nourris du fondamentalisme et intégrisme ici, des certitudes et des xénophobies là-bas, ont pris le dessus et introduit l'ambigùïté dans les rapports monde musulman- Occident.
Comment se manifeste cette ambiguïté et comment en sortir pour promouvoir un dialogue constructif pour les deux mondes?
Notre modeste contribution à cette conférence, consistera à donner quelques éléments de réponse à ces questions qui intéressent le présent et l'avenir des deux mondes.
PREMIERE PARTIE
L'AMBIGUITE OU LE DIALOGUE INTROUVABLE
Notre constat premier est que les rapports entre le monde musulman et l'occident sont caractérisés par une ambiguïté qui annihile tout effort de dialogue constructif.
Cette ambiguïté provient de cette double ambivalence relevée tant dans l'attitude du monde musulman que dans celle de l'Occident.
En effet, les préjugés défavorables avec l'Occident distillés dans la masse populaire du monde musulman par les courares fondamentalistes et ou intégristes contrecarrent les élans volontaristes et les aspirations modernistes en quête de coopération avec l'Occident.
Les tentatives de rapprochement avec l'Occident hors des périodes de conflit se sont multipliés par le passé. Le fameux cadeau d'Haroun Ar-Rachid (786-809) à charlemagne est symbolique de toute une tradition de relations et de dialogues entre les cultures de l'Islam et de l'Occident chrétien. Des siècles d'avant la Renaissance en Occident, l'Andalousie a connu une interpénétration raffinée des pensées islamiques et européennes. Les différents Empires Islamiques ont servi de relais en même temps que de champ d'expérimentation et de conception des sciences entre l'Asie et l'Europe. La Grèce a servi de source commune à la pensée des deux mondes.
En 1076 des rapports cordiaux s'établirent entre le Prince Hammadide Al-Nasir Ibn Alennas d'un Royaume situé entre Constantine et Tlemcen (Algérie actuelle) et Grégoire VII. Le Prince Musulman après la mort du dernier Evêque de son Royaume choisit trois Prêtres qu'il envoya à Rome et demanda au Pape d'en sacrer un comme Evêque(1).
De nos jours des volontés musulmanes de coopération en tous domaines avec l'Occident sont légions. Passé la période Réformiste Musulman qui avait esquissé les prémisses de dialogue fructueux avec l'Occident au point d'en souligner les justifications canoniques d'un tel dialogue (Mohammad ABDOH-AL AFGHANI- RACHID RIDA etc.), plus contemporains sont les échanges de savants entre l'Occident et Al Azhar, les prix scientifiques crééent dans le monde Arabe (Arabie Saoudite) dont les lauréats sont également des occidentaux.
Les mouvements migratoires participent également de cette volonté des populations musulmanes attirées par l'Occident à s'y rendre et à s'y installer.
Sur le tare de la Colonisation et de l'Impérialisme, de l'échec des politiques nationalistes et des idéologies à résoudre les problèmes sociaux, un fort courant de frustration a donné naissance dans le monde musulman à des mouvements de réaction nourris de la haine de l'Occident et de la nostalgie d'un passé glorieux. Ainsi la revendication fondamentaliste a pris le relais d'un Islam politique de la période coloniale. Dès lors tous les maux de la société sont décriés. Les bourgeoisies musulmanes au pouvoir et l'Occident sont indexés. Les fondamentalistes à travers des prônes de Vendredi, des cassettes, des livres et des manifestations diverses, décrètent le retour au Coran comme seule solution à tous les maux de la Société. Ayant réussi à développer une pensée unique parmi les masses populaires, l'intégrisme islamique a introduit en même temps une interpretation historique des lois islamiques proche de l'acceptation de l'immuable ou de l'immobile. Dès lors, tout ce qui vient de l'Occident est entaché de vices, de corruptible et d'aliénant.
La pensée intégriste a vite fait de se propager et d'accéder en certains pays d'Islam à la position suprême suffisante pour faire peur à l'Occident ou pour faire passer le message d'intolérance et de génocide.
De ce fait, l'épouvantail intégriste provoque en Occident le rejet du Musulman. Associé à la certitude orgueilleuse des occidentaux dans la supèriorité et l'universalité de leur système de valeur, cette image déformée dc l'Islam contribue à étouffer les bonnes volontés de coopération avec le monde musulman qui se manifestent en occident.
La présence islamique en Occident avait suscité des initiatives heureuses. Des mosquées et des centres culturels se sont multipliés, des vocations d'islamologues encouragés. De grandes initiatives de coopération (le Trilogue à l'initiative de Valéry GISCARD D'ESTAING) entre l'Occident, le Monde islamique et l'Afrique, ont failli voir le jour.
L'image forte d'un Islam haineux, anti-chrétien, anti-impérialiste, martelée à la face du monde par le courant intégriste a fini par provoquer chez les Occidentaux des réponses toutes aussi empreintes de xénophobie. La haine du Musulman a fait le plat de résistance de certains partis politiques d'extrême-droite en Occident. Les interprétations les plus fallacieuses surgissent des profondeurs des âges, des croisades, pour dénigrer devient le "MAHON" du "Roman de MAHON", personnage de fable, Cardinal auquel avait été refusè le Pontificat, révolté contre l'Eglise, il s'en alla crèer une religion de toute pièce en Arabie. La dérision en Occident va décrire le Prophète tantôt tel catéchumène d'un moine nestorien, tantôt ce cavalier Mecquois de la caverne du Mont Hira s'instruisant de la Foi chrétieme d'où il en rapporta des sourates. Les plus subtile s'en tiennent au retard technologique du monde musulman pour stigmatiser les valeurs musulmanes. D'aucuns traitent l'Islam de "fatalisme qui abatardit l'homme, qui n'a point de morale, qui reste incapable d'assumer les progrés scientifiques et technologiques..." (Louis GARDET, ibidem, page 410).
Cette image déformée de l'Islam et du Musulman va renforcer l'Occident chrétien dans ses certitudes en la supériorité de ses valeurs de civilisation. De ces certitudes il s'en dégage des comportements de suffisance d'orgueil voire de mépris de ce qui vient d'ailleurs.
Sur le plan de politique internationale, le Monde Musulman n'a cessé d'essuyer des échecs dans ses pourparlers avec l'Occident dans les domaines aussi variés comme la paix au Proche-Orient, les équilibres stratégiques et énergétiques du monde... Le point de vue des pays de l'Islam ne compte pas pour l'Occident quand il s'agit des débats sur les grands enjeux d'un monde qu'on a ensemble en partage. Malgré les structures multilatérales des négociations et des rapports avec l'Occident tels l'OCI, la Ligue Arabe, et autres rassemblements régionaux mort-nés, tout semble se conjuguer contre un monde musulman qui ne sait pas retrouver en lui des resources nouvelles pour des solutions sans cesse adaptées aux circonstances nouvelles.
En fait l'éclosion technologique en Occident dans tous les domaines des sciences interpelle tout le monde où qu'il se trouve. Transcendant les frontières, bouleversant les us et coutumes, ébranlant les consciences et révolutionant les éthiques, l'éclosion technologique rapproche les mondes, détruit les barrières des mentalités et force à de nouveaux rapports entre ceux qui s'adaptent ou ceux qui ne s'adaptent pas.
Ce défi technologique que brandit l'occident pour faire pendant à l'épouvantail intégriste, attend d'être relevé par un monde Musulman qui sait retrouver ses sources premières, qui doit renaître lui-même sur les cendres de ces grands réformateurs. Faute de quoi l'absence de réponse à ce défi, réduisant les capacités de dialoguer de l'Islam, donnera raison au Père Teilhard de chardin qui dit: "En attendant cette renaissance, l'Allah du Coran est un Dieu pour les Bédouins. Il ne saurait attirer vers lui les efforts d'aucun vrai civilisé. L'Islam se présente aujourd'hui comme un principe de fixation et de stagnation."(2)
DEUXIEME PARTIE
LES PREALABLES DU DIALOGUE
L'ambivalence qui caractérise les relations entre le monde musulman et l'Occident signifie que l'établissement d'un dialogue- coopération passe par des préalables favorables à l'adoption de part et d'autre d'attitudes nouvelles tant heuristiques que pratiques qui mettent en exergue les facteurs convergents et les points de rencontre si nombreux entre les deux mondes.
Le monde Musulman doit faire son aggiornamento autour des idèes de modernité, de l'évolution et des nouveaux rapports avec l'occident selon la méthode des grands réformateurs, sur la base d'une réouverture de l'Ijtihad et d'une nouvelle apologétique de l'Islam consacrant un retour vers l'Islam originel au message de paix, de tolérance, d'ouverture à la science et à la coopération entre les nations.
En effet, les revendications islamistes qui embrasent aujourd'hui le monde musulman et déforment face à l'occident image originelle de l'Islam, dénotent d'une crise profonde des sociétés Islamiques comparable à la crise de la fin du XIXè siècle qui a permis l'avènement des grands réformateurs musulmans soucieux de repenser l'Islam pour le dépouiller des innovations avilissantes.
"Le choc de la modérnité" à la fin du XIXè Siècle est comparable à la révolution technologique de cette veille de 3è millénaire qui interpelle à nouveau le monde musulman. Hier Ernnest Renan s'interrogeant sur "les rapports de l'esprit scientifique et de l'islamisme" au cours de sa fameuse conférence à la Sorbonne (29 Mars 1883), répondait par "une vision du monde musulman charge de négativité" comme le dit Ali Merad(3). Très vite des réformateurs à la trame de Rachid Rida s'empressèrent de lui répondre: "nous avons sué nos plumes et notre voix à force d'écrire et de répéter que les malheurs des musulmans ne peuvent être imputés à leur religion, mais aux innovations qu'ils y ont introduite, et au fait qu'ils portent l'Islam comme une fourrure mise à l’envers". (3)
L'Islam historique dans sa villégiature dans le temps et à travers des espaces culturels différents avait fini par ramasser des us et coutumes philosophiques et éthiques de ces contrées. ll s'était transformé en décharge et en foyer d'élaboration des nouvelles théologies. Des superstitions s'étaient greffées an dogme et aux lois originelles de l'Islam. Et l'obscurantisme a durablement voilé la splendeur du diamant originel.
Le mouvement Salafiya avec Jamal Al-Din Al Afghani, Muhammad Abdoh, entreprit le retour aux sources islamiques premières. Ce mouvement provoqua l'émergence de nouveaux concepts traduisant l'aspiration collective vers des idéaux de progrès et de relèvement moral et social de l'OUMA.
Face à l'immobilisme des mosquées et des théologiens de leur époque, ces réformateurs développèrent la science d'interprétation empruntant à la méthode de raisonnement analogique pour remonter jusqu'à l'esprit des dogmes et des lois divins. Des lors on fustigea l'immobilisme des traditionalistes et l'esprit rétrograde.
A la veille du 3è millénaire, le phénomène intégriste participe de l'esprit traditionaliste et rétrograde. Sa haine de l'occident et ses slogans favorables au développement d'une pensée islamique unique, au rapprochement de l'archaïsme contraire à l'esprit de l'Islam originel.
Ici et là comme en Afrique noire, l'Islam originel est introuvable dans la multitude des Islams aux couleurs locales: L'Islam des Saints, des Marabouts, des gris-gris et des amulettes.
Ici la détermination des dates des fêtes musulmanes procèdent encore de l'arbitraire et du hasard climatique, là-bas, elle procède de la science.


(1) Citè par Louis Gordet, in "IsIam, Religion et com".
(2) Citè par le Père Jesuite Emile Rideau dans la "Pensée du Père Teilhard de Chardin", le Seuil, 1965, repris par Péroncel-Hugoz dans "le Radeau de Mahomet", Flammarion, 1983, page 228
(3) Ali Merad, I'Islam contemporian, PUF "Que sais-je" n? 2195 page 40-41, Ali Merad Ibidem, P.43.


 
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