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Les intellectuels musulmans européens et leur rôle de pont

LES INTELLECTUELS MUSULMANS EUROPEENS ET LEUR ROLE DE PONT ENTRE ORLENT ET OCCIDENT
YAHYA SERGIO YAHE PAILAVIINI
Les intellectuels musulmans européens et leur rôle de pont entre Orient et Occident
Relation de Yahya Sergio Yahe Pallavicini
Assocîation Internationle pour l'information sur l'Islam
Alhamdulillah, Alhamdulillahi Rabbi al-alamin wa as-salatu wa as-salamu `ala Sayidina wa habibina wa qurrati uyunia Muhammad rasul Allah SallAllahu `alayhi wa salam wa alilhi wa sahbihi wa sallam.
Kala Allahu (Subhanahu wa Ta'ala) fi KitabiHi al-karim: Audhu billhahi min ash-shaytani ar-rajim Bismillah ar-Rahman ar-Rahim
[Wa`lillahi al-mashriqu wa al-maghribu fa aynama tuwallu fathamma wajhullah inna Allah wasiyyun `alim ].
Sadaqa Allahu al-Azim
Mesdames, Messieurs
Je tiens avant tout à remercier Son Excellence `Abd al-kabir al-Alawi Madghari, ministre de l'Awqaf et des affaires religieuses islamiques ainsi que la prestigieuse Université de Casablanca pour m'avoir invité à présenter, en tant que directeur de l'Association Italienne Internationale pour l'Information sur l'Islam et que Président de l'Institut des Hautes Etudes Islamiques, une relation sur le rôle de pont entre Orient et Occident que peuvent jouer les intellectuels musulmans.
Nous avons voulu, en commençant cette intervention, nous inspirer de quelques versets de la sourate Al-baqarah, commentés dans une khutbah des salat aljumu'a qui, depuis quelques années, sont préparées et lues par nos imams, tous musulmans d'origine européenne, dans la Salle de prière du siège milanais de l'association, et attendant que soit inaugurée la mosquée de notre future madrasa.
Selon la traduction en langue française de Muhammad Hamidullan, le sens des Versets en question pourrait être: "et à Dieu appartiennent l'Occident et l'Orient, ainsi oû que vous vous tourniez, vous trouverez la face de Dieu, en vérité Dieu est Omniscient."
Al-'Alim est précisément l'attribut d'Allah (SubhanaHu wa Ta'ala) que nous désirons tenter d'approfondir ici, comme étant la seule Réalité qui sait et qui connaît toute chose manifestée et cachée du passé, du présent et de l'avenir, aussi bien en Occident qu'en Orient, car toutes les choses de ce monde et de l'autre appartiennent à Sa science bénie, appelée justement al-'ilm dans le Coran.
le Prophète Muhammad (SallAllahu `alayhi wa sallam) constitue aussi dans ce cas l'exemple le plus évident pour tout musulman de celui qui a su s'ouvrir à la réalisation de ce stade de connaissance universelle en devenant à la fois `alim, personne douée de connaissance et muallim, personne rendue capable de transmettre la connaissance acquise.
En référence à cette transmission de connaissance intérieure et extérieure qu'Allah (SubhanaHu wa Ta'ala) a révélée au Prophète Muhammad (sallAllahu `alayhi wa sallam) qui par lui arrive jusqu'à nous tous, chaque musulman est responsable devant Allah (SubhanaHu wa Ta'ala) de faire partie d'une communauté de croyants qui a, entre autres devoirs, celui de conserver la tradition dont il est le dépositaire.
C'est en effet dans cette perspective qu'à chaque siècle, les Sacrifices de certains ulémas, Savants et sages, ont permis de garantir justement cette fonction de protection rigoureuse et de généreux témoignage de l'aspect théocentrique de la tradition Islamique, en servant en même temps de points de référence à tous les autres modèles qui s'efforcent à leur tour de contribuer, dans d'autres sphères, au bon déroulement de la vie au nom d'Allah (Sublianaflu wa Ta'al
Il se crée ainsi une hiérarchie naturelle selon laquelle les hommes sont disposés suivant leurs compétences et leurs connaissances dans un certain ordre qui, comme sur une mosaique, reflète l'unité d'Allah (SubhanHu wa Ta'ala).
Un tel ordre suppose une reconnaissance de la nécessité providentielle de certaines autorités prépsées au fonctionnement harmonieux de tous les domaines d'activité, qu'ils soient publics ou privés.
C'est précisément cet ordre qui a permis à toutes les civilisations traditionnelles de chaque époque de manifester les expressions de haut niveau historique, culturel et social qui sont aujourd'hui encore les signes de ceux qui participent d'un ordre, d'une harmonie et d'une connaissanoe que seul Allah (SubhanaHu wa Ta'ala) peut donner à l'homme qui se met sincèrement à son service.
Parmi les caractéristiques de ces autorités la sincérité est en effet une qualité fondamentale garantissant la pureté nécessaire pour gérer et suivre de façon personnelle et avec l'aide de la doctrine toutes les tâches éventuellement requises, maintenant constamnent l'objectif d'un toujours meilleur équilibre à atteindre sans excès d'une rigueur tyrannique ni d'un sentiment indiscriminé.
Ainsi la doctrine elle-même doit être considérée comme le support indispensable de celui qui doit s'en approcher non pas d'une manière exclusivement technique ou générale, mais comme d'une étincelle de connaissance qui aide à trouver la bonne direction en toutes choses.
Les ulémas ne doivent donc pas être assimilés superficiellement à une catégorie de personnes aptes à la gestion des normes juridiques pouvant régler la vie sociale du musulman, mais l'on devrait plutôt considérer que, si certains d'entre eux ont su se rendre particulièrement précieux et efficaces dans leur étude du droit, il ne faut pas pour autant exclure de cette catégorie les autres hommes de connaissance qui ont su oeuvrer avec la même clarté dans d'autres domaines que dans celui de la législation.
Il faudrait reconnaître chez les ulémas un caractère plus vaste, proprement lié à leur fonction de responsables de la science sacrée, de cet `ilm qui est de nature universelle et qui contient, de ce fait, toutes les solutions nécessaires pour décider de chaque aspect de la vie dans le plein respect des règles dictées par la nature qu'Allah (subhanaHu wa Ta'ala) a créée.
Si la recherche, souvent obsessionnelle, d'une spécialisation presume dans un domaine ou secteur spécifique d'activité se fait au détriment d'une ouverture à une connaissace supérieure ou sans prendre suffisamment en considération l'importance d'une vision d'ensemble du tableau général, on risque de provoquer de dangereuses fractures qui causent souvent la perte d'équilibre et le manque d'ordre de nombreuses sociétés de l'époque contemporaine.
Selon une tradition rapportée par at-Tirmidhi (radyAllahu `anhu), l'Envoyé d'Allah dit un jour: "la supériorité du Savant sur le fidèle équivaut à ma supériorité sur le dernier d'entre vous."
Cela signifie que, pour pouvoir aspirer à un niveau supérieur de connaissance, le savant doit non seulement être fidèle, mais plus proche encore de l'esprit du Prophête, de manière à parvenir à agir comme celui-ci le faisait à l'égard des autres fidèles, ainsi et seulement ainsi le Savant pourra-t-il garantir l'efficacité de son action.
le vrai Savant se distingue du faux par une plus profonde compréhension dès signes des significations de la Révélation du Coran, lesquels lui permettent de voir en toutes choses le reflet d'une réalité supérieure et d'être, en conséquence, capable de trouver, pour chaque situation susceptible de se présenter, la réponse la plus apte à l'obtention d'un bienfait spirituel.
II apparaît donc évident que ce qui distingue les Savants n'est pas nécessairement une formation d'érudit, encore que celle-ci soit particulièrement recommandée, mais essentiellement un effort permettant de passer outre l'apparence des formes pour mener chaque chose à son Principe, comme le faisait le Prophète lui-même.
Quant à l'efficacité de la méthode appliquée par les Savants, il ne faut pas oublier que son action bénéfique est fondamentalement de nature spirituelle et qu'elle pourra subir également des conséquences sur un plan plus contingent, mais toujours et seulement comme résultat d'une ouverture spirituelle et d'une juste application.
Il faut rappeler aux Savants musulmans d'aujourd'hui de ne pas oublier ou de ne pas perdre conscience de la réalité qu'Allah (SubhanaHu wa Ta'ala) est Rabb al-alamin, Seigneur des deux mondes, de celui d'ici-bas et de l’au-delà, car s'ils ne savaient plus apporter toute chose de ce monde à l'autre, ils perdraient la sagesse qu'ils ont reçue en héritage et les vastes études qu'ils ont faites ne leur serviraient à rien, car leur action sapientiale serait totalement inefficace.
Le danger que peuvent courir les savants de nos jours est surtout que leur fonction vide d'une persptive vraiment traditionnelle, ce qui leur permettrait de continuer d'exercer une autorité qui ne serait plus légitimée par une connaissance réelle.
Selon une autre tradition rapportée par `Abd Allah b. `Amr b. al-cAs, sur laquelle sont d'accord al-Bukhari et Muslim (radyAllahu `anhim) un jour l'Envoyé d'Allah dit: "Dieu ne renfermera pas la science par un acte qui la soustraira aux hommes, mais il renfermera la science en restreignant le nombre des savants jusqu'à ce qu'il n'en reste plus aucun dont les gens éliront des chefs ignorants: ceux-ci seront interrogés et donneront des réponses privées de science, ils erreront et feront errer les autres."
Il semble parfois que l'accélération des temps, avec ses rapides changements sur le plan social et politique, conditionne les savants musulmans et les orientent dans deux directions opposées: d'une part, certains tendraient à s'enfermer dans une littéralité formelle très rigoureuse où les règles logiques, naturelles, dictées par le bon sens et par une intelligence souple sont elles- mêmes obligées d'obéir artificieusement à des normes de comportement très souvent liées à un passé historique dont on a perdu toute conscience de la valeur symbolique.
D'autre part, on assiste à l'adaptation de la Révélation islamique à des critêres modernes profanes empruntés à des courants de pensée occidentaux qui prétendrait accorder la religion islamique au rythme du progrès technologique et scientifique.
Ce qu'il faut tenir présent à l'esprit, c'est précisément un comportement qui reflète une caractéristique essentielle de tout musulman, c'est-à-dire l'acceptation, la soumssion à la volonté d'Allah (SubhanHu wa Ta'ala) qui a décidé que chaque créature serait destinée à un espace et à un temps déterminé, lesquels espace et temps étant l'un et l'autre au service d'Allah (SubhanHu wa Ta'ala), ne cessent jamais d'être les instruments utiles à Sa connaissance.
Les savants musulmans contemporains ne devraient donc pas se prononcer en faveur d'un passé historique lié peut-être à la civilisation arabe, ni espérer en un avenir meilleur facilité par la technique et la civilisation européennes, mais ils devraient plutôt réussir à voir surtout dans le présent, les signes encore évidents de l'éternité immuable de la Révélation coranique qui va au-delà de toute période passée ou future, au-delà de toute civilisation, qu'elle soit occidentale ou orientale, pour la simple raison qu'elle transcende l'espace et le temps.
Le message de l'Islam s'est répandu dans tous les continents, manifestant de manière évidente son universalité et son unité en dépit des différences complexes des personnes, des lieux et des temps.
Les difficultés actuelles du monde islamique, tant oriental qu'occidental, viennent en partie de la fermeture ou de l'aplatissement de cette dimension universelle et du manque de points de référence pouvant exercer la fonction de guide de la communauté comme elle était comprise du temps du Prophète Muhammad (sall Allahu `alayhi wa sallam) et comme elle a été mise en pratique de façon évidente par ses sucesseurs bien guidés et par les autres compagnons et savants fidèles, dans le cours des siècles qui ont suivi.
II faut dire tout de suite que ces hommes qui servent de points de référence dans le monde islamique n'ont encore jamais fait défaut: ce qui manque, c'est l'évidence de leur présence et de leur action qui reste souvent inaccessible à ceux qui ne se disposent pas sincèrement et comme Il le faudrait à la connaissance des choses ou à la recherche de la vérité.
Que l'on se souvienne, dans le Coran, de l'exemple du Khidr (`alayhi ssalam) quand il commande le prophète Musa (`alayhi ssalam) dans une série de situations qui, bien qu'elles échappent à la compréhension du Prophète Musa lui-même (`alayhi ssalsun) sont les occasions d'une ouverture à une connaissance supérieure qui procure, par conséquence culturelle, un bienfait relatif dans ce monde également.
Il serait donc nécessaire, pour ceux qui aspirent à représenter cette fonction de connaisseurs, d'uléma, de s'ouvrir à l'approfondissement de la dimension intérieure ou cachée (ghayb) de la révélation, sans prétention de pouvoir personnel ou de charité humanitaire, en se rappelant de chercher dans les principes la réponse aux choses, car c'est seulement en ramenant chaque Chose à sa véritable origine qu'on peut en retrouver sa clarté naturelle.
Quant à ceux qui aspirent à cette même clarté dans l'effort de suivre un droit chemin de constante discrimination entre le bien et le mal, il faudrait qu'ils reconnaissent la vidence d'un guide qui sache les conduire dans ce monde en attendant l'autre, comme le prophète Musa (`alayhi ssalam) se fit conduire par le Khidr (`alayhi sslam) et comme nous nous laissons tous guider par le Prophète Muhammad (sallAllahu `alayhi wasallam).
La yukailifù Allahu nafsan illa wus'aha", "Dieu n'imposera à aucune àme des poids plus lourds que ceux qu'elle peut porter" est-il dit dans le Coran. Cela pose - il faut se rappeler que al-Wasi est précisément l'un des quatre-vingt -dix-neuf plus beaux noms d'Allah (SubhanaHu wa Ta'ala) et que c'est Lui seul qui règle notre ouvetrure et notre capacité à accueillir Sa science toujours mieux et toujours davantage.
L'effort des intellectuels musulmans consiste donc à toujours s'ouvrir davantage pour recevoir une science plus vaste et plus profonde de façon à être aussi capables de la transmettre fidèlement.
L'adab ou comportement traditionnel naturel qu'ont les compagnons du Prophète, est non seulement la caractéristique de la reconnaissance extérieure d'une présence spirituelle, mais aussi le premier exemple d'une éducation reçue.
Aussi l'enseignement a-t-il toujours joué dans l'Islam un rôle déterminant non seulement parce qu'il est la transmissionn de l'éducation reçue qui fait remonter au premier maître de l'Islam qui est le Prophète lui-même, mais aussi parce qu'il permet de vérifier sa propre connaissance et sa propre adhésion à la Vérité révélée laquelle commande l'exercice de la double fonction d'étudiants sincères et d'enseignants fidèles.
Ce sont là quelques-unes des carartéristiques essentielles grâce auxquelles on peut connaître les vrais ulémas en tous temps et en tous Iieux et c'est justement sur ces précieux points de référence que nous nous basons pour nous préparer aujourd'hui à jouer ce rôle en Occident également.
L'Europe et les Européens ont connu l'Islam et les musulmans de facons différentes au cours des siècles et cette rencontre a été pour les uns et les autres extrêmement bénéfique.
Ces échanges réciproquement profitables participaient incontestablement d'une tentation commune de la connaissance qui, si elle se manifestait par une obédience spirituelle formellement différente, n'en était pas moins toujours tournee vers le Seul Unique Dieu de tous les hommes.
Ainsi les guerres elles-mêmes, déclarées soit pour soutenir une transmission de la révélation islamique à l'Occident, soit pour défendre les lieux sacrés des chrétiens en Orient, ont permis, bien que par la force, de dépasser Certaines limites de connaissance réciproque et de s'ouvrir aux échanges de richesses intellectuelles qui ont permis des cohabitations miraculeusement pacifiques et fructueuses, basées sur la reconnaissance mutuelle et sur le respect du caracterè sacré de l'autre.
Or nous ne voudrions pas, en ce siècle, rendre vains les sacrifices sur lesquels se basent les expressions de la civilisation contemporaine de l'Orient et de l'Occident.
Nous devons nous entraider à comprendre que la nature de certaines ouvertures rituelles ne peut dépendre ni du temps ni de l'espace, mais simplement se modifier dans la forme ou dans la manière, selon la sincérité de l'intention.
Dans ce vingtième siècle qui touche à sa fin, à présent que nous sommes aux portes du troisième millénaire, il est important de pouvoir vérifier, dans des rencontres providentielles comme celle-ci dans quelles conditions se trouve la communauté islamique contemporaine aussi bien en Orient qu'en Occident, pour pouvoir chercher des solutions capables de contribuer à aider toute la ummah à continuer la fonction qui nous a été indiquée par le prophète "de n'être jamais unie dans une erreur”.
Dans ce sens,. la présence de plus en plus renforcée, en Occident, de musulmans, d'origine européenne, prend une signification toute particulière.
Dans une époque où certaines distinctions traditionnelles comme celle entre Orient et Occident, vont en disparaissant et où l'homme et la femme semblent unis par la conscience amère de la condition critique dans laquelle ils se trouvent après des siècles d'un athéisme exaspéré ou latent, la présence d'une communauté qui continue à prier et à invoquer le nom de Dieu est un signe évident de rappel à un ordre de réalité semblait oublié.
On pourrait presque dire que la lumière de la dernière Révélation arrivée jusqu'en extrême-Occident contribue à réorienter certains Occidentaux vers la même source de manière originelle. Non seulement, mais cette lumière, dans son chemin de retour à la source, contribue à maintenir dans la bonne direction les Orientaux d'origine, que ce soit en Occident ou en orient.
C'est peut-etre dans ce sens que peuvent être interprétées les paroles prophétiques "l'Islam est né étranger et finira étranger" ou encore la croyance traditionnelle qui annonce, parmi les signes de la fin du monde, le fait que le soleil se couchera à l'est et se lèvera à l'ouest.
Nous ne voulons pas dire par là- ni, comme d'autres souhaiter- la conversion en masse des Occidentaux à l'Islam et encore moins exclure la présence des gens de bonne foi au sein des autres confessions religieuses d'Occident. Nous désirons seulement aider les personnes ici présentes à considérer l'importance de certaines présences spirituelles et la fonction que les musulmans occidentaux peuvent avoir dans le témoignage de leur réorientation traditionnelle.
Si d'une part cette recherche est destinée à approfondir la réalité de l'Islam pour dire comment elle est vécue aujourd'hui par la communauté des fidèles musulmans, nous croyons, d'autre part, qu'elle peut participer à une réorientation générale de toute la communauté des croyants, sans exclure les autres confessions religieuses, par un même dessein de la Providence.
Nous pouvons identifier l'Islam avec l'Orient et l'athéisme avec l'Occident. Il y a malheureusement aussi beaucoup d'athéisme en Orient, de même que, fort heureusement, tant l'Orient que l'Occident comptent encore des fidèles et des religieux qui pratiquent et vivent encore suivant les principes sacrés de leurs propres traditions.
Tout ce qui a été dit jusqu'à présent peut servir, mais seulement dans une certaine mesure, à considérer la compléxité de la situation dans laquelle nous évoluons et à mettre en garde contre des tentatives de solutions faciles et superficielles.
Nous croyons, mais Allah (SubhanaHu wa Ta'ala) en sait plus que nous, que, pour affronter sérieusement l'analyse de la condition actuelle des musulmans en Orient et en Occident, nous ne pouvons faire abstraction du temps où nous vivons et dans lequel on va de plus en plus rapidement vers une conception si confuse et si déformée de la vie de l'homme sur la terre, qu'on éloigne définitivement celui-ci de toute référence solide.
Nous assistons ainsi à la recherche de certitudes qui portent nombre d'Occidentaux à voyager vers l'Orient et nombre d'Orientaux vers l'Occident, ce qui, malgré la réduction des distances due au progrès technologique, n'arrive jamais à produire un véritable rapprochement et encore moins à donner les certitudes et les réponses à des questions qui sont tout simplement mal posées.
Pour recevoir une réponse sérieuse, il faut recommencer à apprendre comment et sur quoi formuler une question, de la même façon que celui qui, soucieux de connaître la vérité, doit commencer par être sincère avec lui-même, avec les autres et cela dans toutes les circonstances.
Ce dont, dans l'état actuel des choses, la communauté islamique a besoin de toute urgence, aussi bien en Occident qu'en Orient, c'est justement la formation d'une réalité capable de garantir le maintien et la transmission fidèle des principes Sacrés de la religion islamique dans une forme vécue avec sincérité et transparence, sans conditionnement ni d'espace ni de temps, qui sache aussi avoir des relations sereines avec les autorités politiques, les institutions académiques, le monde du travail et les moyens d'information.
C'est précisément cette nécessité qui a porté nombre d'intellectuels européens à s'unir dans la constitution d'une communauté religieuse islamique à laquelle ont adhéré jusqu'à présent, en Italie l'Association Italienne pour l'Information sur l'Islam et en France l'Institut des Hautes Etudes Islamiques, dans l'intention de contribuer à la réalisation des principes énoncés ci-dessus.
Il est inutile de se dissimuler que les objectifs que se fixe une telle réalité nêcessitent le maximum de soutien, car elle peut jouer le rôle fort important de pont entre Orient et Occident et être un moyen de communication capable de maintenir vivante la perspective traditionnelle de l'Islam.
J'invite donc tous les intervenants à adhérer à ce projet en constituant au plus tôt une commission de travail qui étudie les réelles possibilités de collaboration aux divers niveaux de la recherche.
II pourrrait être utile de rappeler que dans le coran, Allah (Subhanahu wa Ta'ala) est nommé également Rabbu al-mashriqayn wa Rabbu al-maghribayn, Seigneur dés deux Occidents et Seigneur dés deux Orients, comme pour nous faire comprendre qu'il faut y avoir un Occident orientalisé et un autre désorientalisé, de même qu'il pourrait y avoir un Orient occidentalisé et un autre réorientalisé ou resté tel quel.
II arrive quelquefois paradoxalement que ce sont les musulmans qui, en Occident, se laissent éblouir par les astuces déviants de la pensée matérialiste ou progréssite moderne, en créant d'absurdes écoles de renouvellement protestant islamique ou, pis encore, des structures révolutionnaires basées sur des tentatives violentes de réaction présent pour un retour radical au passé.
Dans une telle situation, les intellectuels musulmans européens ont un rôle important à jouer car ils sont conscients des erreurs du monde occidental qui ne cesse de répandre sa philosophie athée et de celles du monde oriental qui semble avoir perdu le sens de la valeur de l'existence en vertu d'un schéma illusoire d'organisation terrestre.
Il est en Italie une tradition populaire qui affirme qu'il n'y a de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre; nous pourrions affirmer dans ce cas qu'il n'y a pire ignorant que celui qui ne veut pas connaître ou affronter la Vérité en mettant de côté sa proper presomption individuelle.
N'est- il pas dit dans le Coran que "qui se cennaît lui-même connaît son seigneur"?
A la lumière de ce qui a été dit jusqu'à présent, on peut voir plus clairement la tâche de ceux qui voient leur vie comme un parcours à la recherche d'une connaissance toujours plus grande, car c'est grâce à la présence de ces personnes qui répondent à la tradition prophétique "d'aller chercher la connaissance jusqu'en Chine" ou qui prient en demandant au Seigneur d'augmenter leur science, "rabby zidni `ilman", qu'il est possible aussi bien en Orient qu'en Occident.
Puisse Allah (SubhanaHu wa Ta'ala) permettre à ces mêmes hommes de jouer dans ce monde le rôle de pont entre Orient et Occident, de manière à se préparer tout aussi bien à traverser ce dernier passage de la sirat al-mustaquim où nous pourrons enfin retuouver de l'autre côté du pont, entre le ciel et la terre, notre Prophète Muhammad, seul vrai médiateur au Jour du Jugement Dernier.




 
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